[ NOTE : Ceci est la traduction en français de la Déclaration de
l’informatique citoyenne dont la version originale anglaise est publiée dans Journal of Community Informatics, Vol. 9, N° 4 (2013) http://ci-journal.net/index.php/ciej/issue/view/31
La traduction a été réalisée principalement par Daniel Pimienta, responsable de FUNREDES, et par Alain Ambrosi, chercheur associé à Communautique. ]

*Une déclaration de l’informatique citoyenne*

Une utilisation effective de l’Internet sera bénéfique pour tous. Pour l’heure, les avantages qui dérivent de l’utilisation de l’Internet sont inégalement répartis: certains gagnent du pouvoir, de la richesse ou de l’autorité à travers l’utilisation de l’Internet tandis que d’autres luttent pour en obtenir l’accès. Notre vision est que les groupes citoyens, partout dans le monde – y compris les pauvres et les marginalisés, aussi bien dans les pays en voie de développement que dans les pays développés, les femmes et les jeunes, les peuples autochtones, les personnes âgées et les personnes handicapées – vont utiliser l’Internet pour développer et exercer leur intelligence citoyenne et pour travailler ensemble pour relever les défis collectifs .
Plus qu’une technologie ou un marché, l’Internet est un milieu social, un espace citoyen pour une interaction dans laquelle les principes d’équité et de justice prévalent. La gouvernance de l’Internet doit veiller à ce que cet espace social en ligne fonctionne effectivement pour le bien de tous.

Dans son approche de la gouvernance de l’Internet, l’informatique citoyenne se préoccupe de la distribution équitable des avantages de l’Internet et traite les profondes injustices sociales, économiques, culturelles et politiques qui subsistent dans cet environnement. Les questions de justice sociale et d’équité dans l’usage de l’Internet sont essentielles pour déterminer la façon dont l’Internet et la société vont évoluer. Les personnes des différents groupes citoyens doivent être habilitées à développer et adapter l’infrastructure de l’Internet pour refléter leurs valeurs fondamentales et leurs modes d’accès au savoir.

Nous soutenons le développement d’un Internet dans lequel les groupes sociaux constitués ne soient pas le dernier maillon de la chaîne mais au contraire le premier lien à promouvoir. Nous considérons que le but principal de l’Internet n’est pas à trouver dans la fouille massive des données ni dans la transformation du savoir en produit commercial, mais plutôt dans le rôle de faire avancer équitablement les objectifs citoyens au moyen de ses infrastructures distribuées.

Nous aspirons à un Internet aux mains et sous le contrôle des groupes citoyens qui l’utilisent et à une dévolution de la propriété de l’Internet à des groupes citoyens fédérés au niveau régional, national et mondial. Le rôle de l’Internet, en tant qu’atout des groupes citoyens, bien public et service aux communautés locales, est plus important que son rôle comme lieu d’accumulation de profits ou celui de bel objet global. Les citoyens doivent en avoir la propriété et le contrôle à tous les niveaux, de l’accès aux niveaux les plus élevées (applications et contenus), dans le but de faire éclore une riche diversité d’entreprises commerciales qui sont mises au service des citoyens et du public en général.

En tant que citoyens et membres de centres civiques dynamisés par l’Internet, nous avons un intérêt collectif à défendre dans la gouvernance de l’Internet. Nos intérêts collectifs doivent être exprimés et affirmés dans tous les forums discutant de l’avenir de l’Internet. En tant que collectif, et en tant que membres de la société civile, nous avons développé une déclaration pour une gouvernance de l’Internet basée sur les principes de l’Informatique citoyenne. Nous souhaitons attirer votre attention et obtenir votre soutien. Un Internet juste et équitable doit offrir :

1. Des moyens justes et équitables pour accéder et utiliser l’Internet: un prix abordable par tous et des accès déployés pour permettre à tous de bénéficier des avantages d’une utilisation effective. Les pauvres et les marginalisés, les femmes, les jeunes, les peuples autochtones, les personnes âgées, les personnes handicapées, les utilisateurs d’Internet et les non-utilisateurs; aucun groupe social à l’échelle mondiale, ne devrait être privé d’un accès à l’Internet.

2. Un accès équitable aux avantages de l’Internet au sein des groupes citoyens, y compris aux informations, aux occasions de communiquer, à l’amélioration des communications et de la gestion de l’information, et aux possibilités de participer au développement de systèmes et à la création de contenus. Tout le monde, dans tous les groupes citoyens, devrait avoir le droit, les moyens et la possibilité d’utiliser l’Internet pour partager l’ensemble de l’héritage intellectuel de l’humanité, sans frais excessif ni entrave injustifiée.

3. Respect de la vie privée: les citoyens doivent être en mesure d’utiliser facilement l’Internet en ayant la confiance d’être protégés contre la surveillance à grande échelle, l’ingérence des autorités gouvernementales ou les intérêts des entreprises.

4. Une infrastructure qui assure le maximum de sécurité personnelle et de fiabilité.

5. La possibilité pour chacun et chacune dans tous les groupes citoyens pour construire, gérer et posséder l’infrastructure de l’Internet quand et jusqu’où cela s’avère nécessaire.

6. Gouvernance de l’Internet par des principes et des processus démocratiques, en particulier en donnant priorité aux contributions des groupes concernés par les décisions et en assurant l’inclusion des plus larges perspectives possibles pour soutenir le développement de nos environnements numériques.

7. Une architecture « pair à pair » avec autant de pouvoir et de privilège pour chaque nœud ou extrémité et la neutralité complète de l’architecture et du média pour tous les utilisateurs et toutes les applications.

8. La reconnaissance du fait que le « local » est une brique fondamentale dans la construction de toutes les informations et toutes les communications, et que la nature du «global» est celle d’une fédération de briques locales.

9. Égalité d’opportunité pour chacun et chacune de s’engager et de communiquer dans la langue et la culture de son choix.

10. Reconnaissance et égalité dans le traitement de la diversité des types de connaissances et des chemins aux savoirs, construits à partir des capacités propres à chaque individu, chaque groupe humain et chaque société de la connaissance.

11. Les moyens pour que l’information fournie librement dans et à travers de l’Internet puisse être librement disponible pour l’usage et le bénéfice de tous.

12. Soutien à la collaboration, l’engagement, l’éducation, la solidarité, et la résolution de problèmes comme des étapes vers l’intelligence citoyenne et la capacité des groupes citoyens, de la société civile, et de chaque personne à s’engager de façon équitable et effective vers une auto-gouvernance informée.

The above is the French translation of the CI Declaration carried out principally by Daniel Pimienta, Head of FUNREDES, and Alain Ambrosi, Research Associate at Communautique. This was translated from the English version published in the Journal of Community Informatics, Vol. 9, No. 4 (2013). http://ci-journal.net/index.php/ciej/issue/view/31

The English version is also available at where it can also be signed.

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